Du rififi entre Emmanuel Macron et les partenaires sociaux

Du rififi entre Emmanuel Macron et les partenaires sociaux

11/03/2019

Le chef de l’Etat s’en est pris aux responsables syndicaux et patronaux après les échanges infructueux autour de l’assurance chômage. Serge Marcillaud, président de la CPME Gironde, dénonce un « mépris du gouvernement » qui « impose ses règles du jeu. »

Qui est responsable de cette crise entre les corps intermédiaires et le gouvernement ?

« Je ne suis pas contre tout ce que fait Emmanuel Macron mais là il y va fort ! Il fait les réponses et les questions. Il a raison de vouloir nous supprimer, on ne sert à rien. On ne peut pas créer de démocratie de proximité sans débat. Il y a un certain mépris de l’opposition. Depuis qu’Emmanuel Macron a été élu, il nous envoie ses lettres de cadrage où il y a déjà la réponse. Il nous a sorti du système de gestion des formations professionnelles, de l’action logement et maintenant cela va être l’assurance chômage ! »

Quel est votre rôle en tant que partenaire social ?

« La CPME et d’autres organismes sont des médiateurs. On remonte une parole non-technocratique vers le gouvernement. Si ce dernier nous supprime, il va devoir affronter en direct cette parole, et, pardonnez-moi, on voit ce que cela donne avec les Gilets Jaunes. On n’est pas vraiment dans l’apaisement. Je souhaite bien du courage à Emmanuel Macron ! »

Comment sortir de cette crise ?

« La société française a besoin de corps intermédiaires. L’Etat finira par se retrouver seul face au peuple. Nous avons un gouvernement technocratique, hypercentralisateur. Il n’y a pas de culture du doute alors qu’il faudrait confronter les avis pour évoluer. On est consulté mais on ne tient pas compte de nos avis. Encore une fois, je ne suis pas contre tout ce que fait Emmanuel Macron et je n’ai pas raison sur tout mais l’opposition non plus. Ou alors si l’Etat a raison sur tout, qu’il le dise clairement, on arrêtera de perdre du temps. »

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