« Retraite : chaque métier a ses spécificités… »

« Retraite : chaque métier a ses spécificités… »

19/09/2019

Même si elle est favorable à une réforme de grande ampleur du système de retraite, la CPME a formulé certaines propositions avant les discussions du printemps. Le point de vue de Bertrand Demier, mandataire à la CPME Gironde.

Après la RATP, c’est au tour des avocats, accompagnés de professionnels de santé et du transport aérien de défiler dans la rue pour défendre « leurs régimes autonomes ». Pour la CPME de la Gironde, la partition ne fait que commencer, et la musique risque d’être discordante. Car certaines préconisations du Haut-Commissaire - notamment la suppression des 42 régimes spéciaux autonomes - méritent réflexion. « Il est impératif de tendre vers une harmonisation du système, et la CPME reste favorable à un principe de retraite universel, à condition toutefois qu’il tienne compte des spécificités métiers. » Et c’est là que le bât blesse, puisque le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye envisage un régime universel, applicable à tous.  « Un tel régime gommerait toutes les différences entre les catégories socio-professionnelles. Or, chaque métier a ses spécificités en termes de durée, de fatigue, de pénibilité, explique Bertrand Demier. Par ailleurs, certaines caisses de retraites complémentaires, comme celles des avocats ou des salariés du privé (Agirc-Arrco) ont toujours été gérées en bon père de famille et disposent de larges réserves afin de faire face à des variations en termes de départ de la retraite… » La crainte de la CPME ? Que ces excédents servent à financer la réforme ou à éponger les déficits d’autres régimes moins bien gérés…

 

Qui pilotera la retraite ?

Reste également l’épineux problème de la gouvernance. Qui pilotera le nouveau système ? Sera-t-il entièrement étatisé ? Jusqu’à présent en effet, le système était assez équilibré, dans la mesure où les caisses complémentaires disposaient d’une gouvernance propre. Un gage d’équilibre et un vrai contre-pouvoir. « Mais demain, qu’adviendra-t-il si tout est géré au niveau gouvernemental et parlementaire ? » s’interroge Bertrand Demier. Très honnêtement, je pense qu’il serait préjudiciable de confier l’intégralité du système à la seule décision de l’Etat… » Aux côtés des autres organisations syndicales et patronales, la CPME compte faire entendre sa voix et peser sur les arbitrages définitifs. « Pour garantir l’équilibre du système nous sommes favorables au report de l’âge légal de départ, de 62 à 63 ans, exception faite des carrières longues ou métiers pénibles, conclut Bertrand Demier. En revanche, il est hors de question d’augmenter les cotisations ! »

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