La vigne se digitalise

A la tête de 40 hectares de vignobles à Cénac (33), Jean-Benoit Subra perpétue la tradition familiale sans pour autant bouder l’innovation. Si la crise a durement chahuté le secteur viticole, elle n’a pas sapé le moral de ce vigneron indépendant qui accélère sa présence sur les principales market-places. Rencontre avec un homme connecté avec son temps.

Quand Jean-Benoit Subra parle de ses vignes, c’est avec ses tripes et son cœur. Son vignoble, il le connaît par cœur pour avoir grandi ici, à Cénac (33) sur les terres de son arrière-grand-père, Antonio Subra. Petit flashback. Nous sommes en 1925. A l’époque, cet agriculteur d’origine espagnole fait l’acquisition d’une parcelle pour y cultiver la vigne. 4 générations plus tard, Jean-Benoit Subra perpétue la tradition familiale et reprend les rênes de l’exploitation en 2009.

Passionné par son métier, le jeune viticulteur entend apporter sa touche personnelle. De son voyage au Chili, il ramène notamment de nouvelles techniques de vinification, puis décide d’agrandir le vignoble en faisant l’acquisition du Château Rauzé Lafargue et d’un nouveau chai viticole. Soucieux de l’écologie, il prête une attention particulière à une agriculture HVE (Haute Valeur Environnementale) de niveau 3.

Un secteur chahuté


S’étendant aujourd’hui sur 40 hectares, son domaine produit des vins gourmands – rouge, blanc et clairet – pour un volume moyen de 2.000 hectolitres par an. Comme la grande majorité des viticulteurs, la crise sanitaire a fortement impacté l’activité de Jean-Benoit Subra. Mais elle n’est pas la seule responsable. « Le secteur a été durement chahuté ces 3 dernières années, précise-t-il. Météo calamiteuse en 2017 à cause du gel (il a dû faire brûler des boules de foin pour sauver une partie de sa récolte), accords commerciaux tendus en 2018, gilets jaunes en 2019, Brexit, boycott des vins de Bordeaux par la Chine, surtaxe des Etats-Unis sur les vins français… Et maintenant le Covid-19 ! Certains confrères sont au bord de l’asphyxie. Pour ma part, j’ai su limiter la casse, même si la pandémie a arrêté net toute mon activité, deux mois avant la saison estivale… »

En quelques semaines, plus de 368 hectolitres de commandes sont annulées. Et Jean-Benoit Subra essuie en mars une perte sèche de 96 % de son chiffre d’affaires et de 75 % en avril. Un vrai coup dur, car de son côté la nature – très précoce cette année – a poursuivi sa croissance. Pas de chômage partiel donc, pour les deux salariés du château, bien au contraire il a fallu redoubler d’effort pour suivre le végétal.

Soutien de la CPME Gironde pour l’obtention du PGE


Loin de s’avouer vaincu, le viticulteur demande alors l’octroi d’un PGE de 60.000 € pour couvrir les salaires et les charges fixes. La banque refuse poliment et lui concède 30.000 €. Une somme insuffisante pour maintenir le cap.  Adhérent à la CPME Gironde depuis 2019, Jean-Benoit Subra demande alors conseil auprès de l’organisation patronale. « La CPME Gironde m’a accompagné tout au long de mes démarches, et grâce à son appui, j’ai pu bénéficier du PGE initial afin de consolider ma trésorerie. »

En parallèle, Jean-Benoit Subra participe aux visio-apéros sur Zoom et suit avec attention les échanges et conseils de la CPME sur WhatsApp. « La CPME a vraiment épaulé les dirigeants en donnant des informations claires et précises sur les mesures gouvernementales. Par ailleurs, les rendez-vous réguliers sur WhatsApp ont permis de maintenir le lien en attendant la reprise des déjeuners d’affaires. Il y avait une vraie solidarité entre nous, et je me suis senti moins démuni, moins isolé. »

Transformation digitale


Entrepreneur dans l’âme Jean-Benoit Subra a su profiter de la crise pour conforter et accélérer sa mutation vers le digital. « Nous sommes aujourd’hui présents sur les principales markets places, : Amazon, Rakuten, Cdiscount, Wine & Co, Mon Vin Français et autres Vivino… En capitalisant sur une présence accrue online, nous avons élargi notre clientèle et notre périmètre d’action. »

Parmi sa clientèle, des négociants en vrac, des grandes surfaces, mais aussi de nombreux particuliers séduits par ses vins d’appellation Côtes de Bordeaux et Cadillac aux arômes fruités, ou encore sa valisette Collection Prestige. Elevés en fût de chêne pendant 12 mois, ces 6 vins Prestige*, 100% merlot, sont vendangés à la main et offrent une élégance en bouche, digne des plus grands crus…

L’année 2020 sera-t-elle un bon millésime ? Dans tous les cas, Jean-Benoît ne lâche rien et espère une issue favorable. « Encore un grand merci à la CPME Gironde, sans qui je n’aurais pu surmonter cette crise sans précédent… »

* Valisette en bois, intérieur velours rouge : 6 millésimes proposés : 2009, 2010, 2011, 2012, 2014, 2015. Pour commander, cliquez ici

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