Une femme d’honneur et d’engagement

Aïcha Sangare porte un bout de Périgord et d’Afrique en elle ! Cette double culture a façonné sa vision de voir les choses et surtout de communiquer avec les gens. Au lieu de construire des murs, elle préfère créer des ponts ! Dirigeante de l’Ecole Professionnelle de la Médiation et de la Négociation (EPMN), elle est aussi adhérente à la CPME Gironde depuis 2014 et membre du Conseil d’administration, et siège au collège patronal du Conseil des Prud’hommes. Interview

Si vous deviez résumer votre parcours en quelques lignes ?

Aïcha Sangare : J’ai commencé ma carrière dans le pilotage d’organisation, comme comptable puis directrice financière. Aborder l’entreprise par les chiffres permet d’acquérir une vision solide de son activité et des organisations. Mais les chiffres ne font pas tout ! Une entreprise c’est d’abord des hommes et des femmes… Alors, j’ai choisi de privilégier l’HUMAIN qui demeure le moteur essentiel de l’entreprise sans délaisser les tableaux de bord et les reportings. Il y a une vingtaine d’années, j’ai contribué à développer une nouvelle profession : la Médiation Professionnelle, initiée par Jean-Louis Lascoux, qui a créé une méthode de résolution des difficultés relationnelles, essentiellement basée sur l’anticipation des conflits. Cette méthode contribue promouvoir la qualité relationnelle et les relations sociales au sein de l’entreprise.

A l’époque, cela n’existait pas, et il me semblait important d’accompagner les personnes et les organisations dans la transformation de leurs métiers en apportant une nouvelle vision des relations. Le changement fait peur et cristallise souvent des conflits larvés. La médiation professionnelle est justement là pour dépassionner les débats, désamorcer les conflits en appliquant une méthode à la fois rationnelle et pragmatique, qui nous apprend « à être en relation » avec l’autre. Elle accompagne la culture du changement, touche à la pratique du management, favorise la cohésion d’équipe et le dialogue social.

Nombre de conflits pourraient être évités ?


A.S :
Oui, assurément. Un conflit est le résultat d’une émotion non maîtrisée et souvent mal interprétée. A son origine, on note certains invariants, comme un manque de confiance, d’écoute ou une certaine défiance… Lorsqu’une personne s’exprime de manière inacceptable pour l’autre protagoniste, on observe une cristallisation du conflit, avec une expressivité faite de prêts d’intention et d’interprétations jugeantes. De là se développent l’entêtement et l’entretien de la dynamique conflictuelle. Or, il nous faut changer de paradigme et s’intéresser davantage à la qualité relationnelle et à la culture de l’entente. A l’école, on nous apprend à être en compétition avec l’autre, mais jamais à être en relation !

Or, il est fondamental de connaître et comprendre les mécanismes relationnels. C’est une compétence que tout chef d’entreprise doit apprendre afin de favoriser la cohésion d’équipe et l’entente sociale au sein de ses équipes. De nombreuses entreprises mettent en place aujourd’hui des dispositifs dans ce sens.

Pourquoi avoir rejoint les rangs de la CPME Gironde ?

A.S : La CPME, c’est avant tout des hommes et les femmes qui dynamisent le tissu régional et local et font vivre des valeurs fortes de solidarité, partage et de proximité. Cela fait résonnance avec mes propres valeurs et convictions. Siéger au Conseil des Prud’hommes dans le collège employeur fait écho bien évidemment à mon expertise de la médiation. En ce sens, cela me permet de participer activement à l’évolution et à la mutation des entreprises par l’accompagnement des relations sociales. Le Conseil de Prud’hommes est une instance partiaire, composée d’un nombre égal d’employeurs et de salariés. Leurs missions ? Trancher l’ensemble des contentieux, avec loyauté, impartialité et éthique, en tenant compte des 2 parties « salarié-employeur.  

C’est ici que sont réglés, de façon judiciaire, tous les litiges et conflits individuels dès lors qu’un contrat de travail de droit privé a été établie entre un employeur et un salarié. Le droit y prévaut toujours. Les litiges les plus fréquents ? Les licenciements, bien entendu.  Pour siéger au Collège patronal, le mandataire doit suivre une formation initiale commune et obligatoire assurée par l’ENM (Ecole Nationale de la Magistrature).  Des sessions de formation sont également dispensées tout au long de l’année. C’est un mandat exigeant qui demande une réelle implication, une vraie disponibilité et un investissement personnel fort…

En parallèle, vous êtes vice-présidente de l’Observatoire d’appui au dialogue social et à la négociation…

A.S : Effectivement. Cette instance départementale*, a été créée en 2017, par l’ordonnance n°2017-1385 relative au renforcement de la négociation collective. Sa composition tripartite (représentants de salariés, d’employeurs et un responsale de l’unité départementale la Direccte) favorise les échanges, l’ouverture et une démarche contributive de ses membres pour « un dialogue social renouvelé ». Vous savez, le dialogue social a évolué, et les organisations syndicales et patronales se doivent de participer, ensemble, à la réflexion sur les grandes thématiques sociales et sociétales.

Mon expertise de la médiation professionnelle apporte des outils concrets pour organiser le dialogue social dans les organisations.  L’Observatoire sert d’ailleurs d’exemple puisque le président et le vice-président n’appartiennent jamais au même collège mais travaillent ensemble pour traiter de tous les sujets qui ont trait à cette instance !

*Le secrétariat est assuré par l’unité départementale de la Direccte

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