Cueille la rose, laisse l’épine…

Christine Baffoigne, fleuriste à Bègles, a su rebondir pendant la crise du covid-19 en faisant preuve d’un belle agilité. Grâce à ses services « Drive » et « Livraisons » ainsi que sa forte présence sur les réseaux sociaux, elle a carrément réinventé son métier. Portrait d’une femme dirigeante qui dépote !

Cette boutique de fleurs, c’est toute sa vie ! Rentrée comme apprentie dès l’âge de 15 ans, Christine Baffoigne a eu l’opportunité de racheter la boutique Chaumont les Fleurs (Bègles) à ses patrons en 2011. Une chance qu’elle a su cueillir au vol, avec passion. Pour cette chef d’entreprise de 53 ans, le métier de fleuriste s’apparente à celui d’un artiste. Tel un peintre, elle utilise la plus belle palette de couleurs que lui offre la nature pour composer ses bouquets. C’est à travers cet art qu’elle exprime sa personnalité !

Orchidées, roses, pivoines, mais aussi fleurs rares… Pour s’approvisionner, cette artiste dans l’âme fait confiance aux circuits courts et aux petits producteurs régionaux. Ainsi, le muguet vient de Martillac, les pivoines du Var… Exception faite de ses roses, qui proviennent… d’Equateur ! « Je travaille en partenariat avec une ferme issue du commerce équitable, agréée Max Haavelar, précise-telle. Leurs roses sont juste sublimes, avec une tenue parfaite, jusqu’à 15 jours ! Pas de traitement chimique, les lombrics font leur travail… »

Une fermeture administrative injuste

Amoureuse de son métier depuis le premier jour, Christine Baffoigne a vécu la fermeture administrative comme une véritable injustice. « C’est incompréhensible, martèle-t-elle. Le samedi matin, ma boutique était pleine de fleurs fraîchement coupées… J’ai dû tout donner à la Mairie, aux maisons de retraite et à mes clients… Tout un stock de perdu, et une perte sèche importante par faute d’anticipation de la part du gouvernement… »

Très rapidement, la chef d’entreprise mesure la gravité de la situation, car 6 emplois sont en jeu. Par prudence, elle demande un PGE pour conforter sa trésorerie, et reçoit par ailleurs une aide de 1250 € du CPSTI. « Passée la sidération, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J’ai assisté aux nombreux webinaires organisés par la CPME Gironde, qui m’ont permis d’y voir plus clair dans les mesures de soutien. »

La solidarité en action

Déterminée et très méthodique, elle décide même reprendre le travail dès le 11 avril. Car si les commerces étaient frappés d’une fermeture administrative, rien ne les empêchait de vendre en « drive » ou « livraison » ! « Cela m’a sauvé ! admet-elle. Très vite, j’ai publié sur les réseaux sociaux, et j’ai participé au groupe WhatsApp de la CPME Gironde. La solidarité et l’entraide étaient au rendez-vous : grâce au groupe, j’ai reçu de nombreuses commandes et j’ai pu vendre tout mon muguet ! » Même solidarité lorsque Christine a dû faire face à des problèmes informatique et électrique dans sa boutique. « Les adhérents se sont mobilisés et j’ai été dépannée dans la journée. Derrière la CPME, il y a une vraie force du collectif, une solidarité en action. Le groupe WhatsApp m’a permis de rebondir, d’être épaulée, écoutée. C’est important dans ces moments d’incertitude. »

Convaincue que le digital va tracer l’avenir du commerce, Christine Baffoigne entend développer prochainement un site de vente en ligne. Elle compte aussi profiter de la dynamique des réseaux sociaux pour fidéliser sa clientèle et attirer de nouvelles personnes. La leçon de toute cette crise ? Penser le commerce autrement, pour offrir une expérience client plus « phygitale »*…

* Physique et digitale

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